MAJ :// 13_0201
Noast (2025)



Le jour sombrait peu à peu, le ciel délaissait ses vapeurs orangées au profit de teintes cramoisies, annonciatrices d’une longue nuit pourpre. Les tours de Neuropolis se dressaient comme des spectres dans cette atmosphère étouffante, reliées entre elles par les câbles suspendus du vaste réseau tentaculaire de la ville. 

Assise sur un bras de la Neurostructure, Kymee contemplait l’abîme. Sa peau, éclairée par une lueur froide, tranchait violemment avec l’horizon sanguin. Son masque, une visière opaque reliée par des fils, masquait ses yeux, ou peut-être ce qu’il en restait. Elle ne savait plus si elle était encore vivante ou juste une ombre prisonnière d’un rêve numérique. 

Sous elle, la Neurostructure semblait respirait à travers ses câbles entremêlés. Le Lien, qui transitait à travers celle-ci depuis des temps oubliés, se répandait partout, pour tout aliéner. Kymee attendait. Une transmission, un signal, un miracle. Quelque chose qui lui dirait qu’elle n’était pas la dernière. Mais seule la brise artificielle soufflait entre les tours de Neuropolis, chuchotant les plaintes des damnés, prisonniers du Lien.

Et elle demeura là, figée entre la réalité et l’illusion. 


EN//

The day was fading, the sky shedding its orange vapors in favor of crimson hues. The towers of Neuropolis loomed like wraiths in the suffocating atmosphere, linked together by the suspended cables of the city's vast, sprawling network. Seated on the Neurostructure, Kymee gazed into the abyss. Her skin, illuminated by a cold blue glow, stood in stark contrast to the blood-red horizon. Her mask—an opaque visor connected by wires—hid her eyes, or perhaps what remained of them. She no longer knew if she was still alive or merely a shadow trapped in a digital dream.

Beneath her, the Neurostructure seemed to breathe through its intertwined cables. The Link, pulsing through it since forgotten times, was spreading everywhere, enslaving everything in its path.
Kymee was waiting. A transmission, a signal, a call. Something to tell her she wasn't the last.

But only the artificial wind whispered between the towers of Neuropolis, carrying the laments of the damned, prisoners of the Link.
And there she remained, trapped between reality and illusion.